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Sommaire des articles

Le Bonheur

  1. Dans la tradition orientale
    1. Selon Milarépa
      1. Poème:  Chant de la claire lumière
      2. Explication du début du poème: Méditation sur la divinité
      3. Suite du poème: la quête de Milarépa, l’essence de l’être
    2. Citations Zen
  2. Dans la tradition occidentale
    1. Histoire de la pensée occidentale
    2. Spiritualisme et matérialisme:
      1. Spiritualisme et Matérialisme, y-a-t-il un réel clivage ?
      2. Spiritualité & Science, de nombreux points communs
    3. Les approches psychologiques:
      1. Jeffrey Young, la thérapie des schémas
      2. ACT, la thérapie d’acceptation & d’engagement
      3. La TIP: Thérapie Interpersonnelle
  3. Occident & Orient, les points de jonctions
    1. La philosophie derrière cette rencontre :
      1. La grande révélation: La conscience est l’essence de toute chose !
    2. Les techniques facilitant l’union :
      1. L’imposition des mains
        1. Validation scientifique
        2. Explication du fonctionnement
      2. L’hypnose & la méditation
      3. Le jeûne
    3. Quand les médias y mettent du leur
      1. Le cas Westworld
      2. Iron Fist
  4. Mes formations & soins
    1. Le Reiki
    2. La méditation
    3. Psychothérapie: Les remboursements des mutuelles
  5. Vlog, vidéos pour comprendre et apprendre
    1. Pensées 
    2. Pratiques spirituelles

Une compréhension occidentale de la pathologie mentale

 

1.La classification du vivant, comme première source de troubles

Cette revue de la littérature s’intéresse à comprendre les différentes prises en charge de la maladie mentale à travers la société occidentale puis orientale et enfin de faire une synthèse de ces approches pour comprendre le fonctionnement du processus thérapeutique.

Pour comprendre l’évolution de la pensée en occident, il est capital de voir cela sous les mouvements sociaux et leurs impacts dans la structure de la pensée. Percevoir les différences entre l’occident et l’orient n’est possible qu’en observant les influences successives que ces peuples, originellement identiques, ont subies. Ainsi, retournons au début de l’histoire des hommes, aux premiers mouvements migratoires de l’être humain, c’est-à-dire il y a 100 000 ans. La pensée animiste des peuples premiers va se répandre à travers le monde au moyen des migrations et va se transformer progressivement au fur et à mesure des influences environnementales et sociales.

La modification de la pensée animiste s’opère 8000 ans av. J.-C. par la mise en place de l’agriculture et de l’élevage au cours de la révolution néolithique (Passé sauvage & Scilabus, 2019). Cette révolution est avant tout, d’après Philippe Descola (1994), une modification spirituelle. Les peuples ont de tout temps connu et appréhendé les moyens agricoles. Seulement les Amérindiens n’ont jamais domestiqué le pécari ni toutes autres espèces animales ou végétales, car cela était spirituellement inconcevable. Comment emprisonner et assujettir un de nos semblables ? Car dans la pensée animiste (que l’on retrouve dans les peuples premiers : Aborigènes, Amérindiens, chamans sibériens…) chaque être vivant est une partie du Tout et est notre semblable. Ainsi ce n’est que par une modification spirituelle que l’élevage et l’agriculture furent possibles. En considérant les animaux et les plantes comme inférieurs à nous, il devient envisageable pour l’être humain de le domestiquer et de le priver de sa liberté. Cette pensée et technique apparue dans le croissant fertile (proche orient) s’est rapidement rependue à travers le monde, autour de 6500 ans av. J.-C. pour l’Europe et 6000 av. J.-C. pour la chine. Cet assujettissement du vivant et cette pensée philosophique de l’homme plus proches de Dieu que tout le reste du vivant à continuer de se développer au moyen des classes sociales marquées par le développement des biens par le biais des possessions agricoles et animales. Cette dynamique s’est accentuée par le développement de la métallurgie au cours de l’âge du bronze (3000 avant J.C) puis du fer (800 avant J.C) découvert dans le croissant fertile (le croissant fertile est propice aux découvertes, hypothétiquement par sa centralité au niveau du monde (et ainsi le développement des échanges) et sa grande quantité de limon et d’argile propice à l’agriculture, ainsi qu’un manque de bois, pierres et minéraux obligeant à une adaptation (Bottéro & Kramer, 1989)). La métallurgie a permis de créer une distinction visuelle entre ceux qui avaient les richesses et les autres et ainsi a permis la mise en place rigide de classes sociales. Ainsi les classifications sociales et les différences de classes ont commencé à naître. Ces classes sociales hautes ont alors érigé des lois pour maintenir une cohésion sociale et étant détenteur des terres et des biens, les autres étaient considérées comme leur débiteur. Les gouvernants mésopotamiens se donnaient le droit de juger et gracier les condamnées de divers péchés (« vol, adultère, faux témoignage, fausses monnaies… » (Bottéro, 1992, p.294)). La notion de péché comme « manquement personnel » à la Loi des dieux a alors commencé à se développer. Ce qui fait une « différence fondamentale avec les autres civilisations qui sanctionnent dans le péché le manquement de l’homme à la collectivité ou à son propre équilibre. » (Bottéro, 1992, p.332). Cependant, à cette époque, la justice était encore donnée par la nature, toutes maladies étaient, et sont toujours dans les traditions nomades, un message des dieux. Comme l’explique Jean Bottéro (p.332) :

Pour un Babylonien, un acte non sanctionné par la maladie, la mort, la honte, la ruine… n’est pas, de soi, une faute. Il n’y a de faute, selon lui, que s’il y a malheur-châtiment. 

Cette idée est héritée du nomadisme où la survie du groupe est le plus important, ainsi toute maladie ou discorde est à prendre en compte directement. La résolution du problème promeut la survie du groupe chez les nomades. Avec la sédentarité une nouvelle façon de voir la vie est apparue. La religion émergente est aussi la conclusion de ces croyances sur la vie, qui ont été changé. Avec un monde rigide, non mût par le mouvement constant du nomade, le sédentaire commence à compter, manipuler la matière et réguler ses échanges. Il développe un contrôle sur le vivant et la nature. Il ne s’adapte plus à la nature, il la gère. La vie de ces êtres passe du mouvement à l’inertie et leur règle de vie avec. Les croyances religieuses ont ainsi aussi muté progressivement. Là, où plusieurs dieux étaient de mise pour comprendre la diversité du vivant. Il en devient un qui régit tout. Comme le chef d’une cité devient le détenteur du pouvoir suprême. Le monothéisme a progressivement émergé, par poussée, en Égypte avec le culte d’Aton au 14e siècle avant notre ère. Zarathoustra au 10e siècle avant J.-C. a fait passer la religion Perse du mazdéisme (polythéiste) au zoroastrisme (monothéisme). Les Sémites originaires de Mésopotamie et réduits en esclave par les Égyptiens, se sont enfuis sous la coupe de Moïse (début du 13e siècle) qui a fondé les bases de leur religion monothéiste, en nommant le Dieu unique : Yahvé, ce qui signifie en hébreu, être, exister. Ce monothéisme s’est développé quand le peuple Israelite s’est sédentarisé (13e au 10e siècle av. J.-C.) et est devenu le peuple juif suite à l’invasion de Nabuchodonosor sur leur terre et leur exile à Babylone en 597 av. J.-C. La diffusion de leur écrit phare, la Bible, est apparue suite aux invasions Perse et notamment Macédonienne par Alexandre le Grand. La Bible que nous connaissons maintenant est un brassage culturel d’influence mésopotamienne et s’est rependue à travers les différentes civilisations européennes grâce à l’attrait des Macédoniens et des Grecs vis-à-vis des autres peuples. Les Grecs mirent deux siècles à la traduire (323 à 132 av. J.-C.). Tout ceci donna l’éclosion de l’empire chrétien au 4e siècle apr. J.-C. Le péché comme « manquement personnel » aux Lois s’est érigé comme médiateur sociopolitique et les puissants contrôlant ses nations sont devenus les garants de ses Lois. Le péché n’était alors plus jugé par Dieu et sa dévote nature en développant maladie et désordre, mais jugé par les hommes selon leur règle. Il n’est pas nécessaire que le pécheur tombe malade ou ait un quelconque déséquilibre pour être vu comme ayant offensé les dieux et soit jugé en tant que pécheur (pour plus de détails sur ce revirement, voir Bottéro, 1992). La spiritualité est une continuité intellectuelle des façons de vivre. La vie étant devenue une organisation sociale, la vision du vivant s’est transformée en une hiérarchisation sociale. La plume de Platon, Démocrite et Aristote, ne dément pas cela, avec l’élaboration des premières classifications du vivant (500 av. J.-C.), la scala naturae (Bossi, 2003).

scala naturae.jpgCette classification du vivant tend à comprendre, les différences entre les êtres vivants en les classant du plus habile au moins habile. Les minéraux étant placé au plus bas du niveau d’habilité, puis vient les plantes, puis les animaux, puis les hommes. Cette classification est aussi sociale avec les différents rôles au sein des différentes cultures (égyptienne, grec, romaine…) et la notion de liberté. Les animaux et les plantes en étant destitué les hommes ont aussi subi cette règle. Les hommes libres d’Athènes, par exemple, étaient les citoyens athéniens. Les esclaves et les personnes endettés perdaient leur liberté et leur vie et mort était régie par ceux qui les achetaient. La vie était devenue monnayable et classable dans cette vision du vivant. Cette pensée continuera au Moyen-Âge avec des classes sociales qui se rigidifient encore plus, car la succession des rôles sociaux ne se réalise pas par le talent ou le savoir comme en Grèce antique, mais par le sang.

La scala naturae ajoute des échelons angéliques où le roi et le clergé se rapprochent le plus des hautes sphères, rendant leur décision, un diktat divin. Cette pensée va être renversée à la période post-lumières, car en renversant le Roi, représentant de Dieu sur terre, on renverse l’ordre établi et ainsi on montre que l’on peut s’élever par la force vers Dieu. Les richesses étant devenues la source de force pour les bourgeois révolutionnaires ayant pris le pouvoir politique, législatif et juridique. En décapitant les rois, on supprime toute idée de rigidification des classes sociales et ainsi on permet le retour d’une ancienne pensée : celle du transformisme. Les sages grecs étaient déjà très au fait de cette pensée, notamment avec le présocratique Anaxagore qui écrivit : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. » Repris pendant la période des lumières par Lavoisier en : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. ». Cette idée se répandra à travers les sciences, la biologie verra Lamarck et Darwin populariser cette idée et ainsi permettre à la pensée de s’émanciper des rôles sociaux. Cette pensée va prendre une autre tournure sous la plume de Haeckel et Nietzsche qui mixeront une vision transformiste avec une vision progressiste ouvrant la pensée à la notion d’évolution. L’homme et le vivant deviennent sujets à l’évolution et ainsi ont pour but de se rapprocher de Dieu. L’homme est l’être le plus parfait selon la Bible. Nietzsche popularisera l’idée qu’il doit continuer d’évoluer vers un être supérieur : le surhomme. Cette vision est prolongée par Haeckel qui définira l’homme comme l’être le plus abouti du règne vivant et pouvant encore s’améliorer. Haeckel estime que les autres êtres vivants sont encore des êtres immatures dans ce processus évolutif (Bossi, 2003).

2. L’eugénisme, l’application de la pensée évolutive.

Cette idée prendra une tournure sociale par la mise en place de l’eugénisme. Terme inventé par Francis Galton en 1883 et signifie « bien né ». Cette pratique déjà présente en Grèce antique par l’exclusion de la société spartiate des enfants malformés prendra une tournure mondiale et dogmatique dans le courant du XXe siècle. Le rassemblement des hommes au sein des villes par la révolution industrielle, le développement d’épidémie massive et la popularité du concept de sélection naturelle amènent les penseurs et chercheurs à tenter de créer un être humain supérieur, capable de résister à tout cela, une sorte de champion de la vie. Ainsi on opère à quelques castrations de malades et délinquants aux États-Unis et en Suisse dans les années 1880-1890. 1907 à 1909 verra fleurir les lois de stérilisation de certains malades, handicapés et délinquants aux États-Unis. De nombreuses associations voient le jour pour répandre cette idée, notamment la société française d’eugénisme créé en 1912. L’Europe mettra en place des mesures similaires plus tardivement : Suisse et Canada (1928), Danemark (1929), Norvège et Allemagne (1934), Finlande et Suède (1935)… Certains pays seront protégés de cette pensée par l’opposition catholique dominante et la France par la vision lamarckienne qui popularisera l’idée d’hygiénisme (une bonne hygiène de vie développe l’homme le plus parfait). L’eugénisme verra une multiplication de ses pratiques dans les années 1930 où les stérilisations se multiplient aux États-Unis et les mesures d’euthanasies s’appliquent en Allemagne et se répandront par la conquête du IIIe Reich. Les sous-hommes coûteux pour la société sont éradiqués pour le bien de tous et de la sacrosainte pensée évolutionniste (Cyrulnik & Lemoine, 2016). Face à l’horreur des camps, les pensées eugénistes perdirent en puissance, mais ne disparurent pas. On peut noter la mise en place en 1971 aux États-Unis de l’idée de 1960 de Hermann Joseph Muller sur la sélection des semences germinales des prix Nobels qui ont donné naissance à plusieurs centaines de bébés (Pichot & Testart, 2019).

Mais comment cette pensée évolutionniste a-t-elle eu un impact dans nos sociétés occidentales sur la prise en charge contemporaine de la souffrance ?

3. Souffrance et folie, une gestion groupale.

Pour comprendre la prise en charge des malades mentaux en occident, il faut comprendre les retentissements de ces actions sociales sur la pensée. Originellement, les peuples primitifs utilisent des notions de magie pour soigner le surnaturel. Toutes maladies et tous problèmes sont des messages des dieux qui doivent être entendus par la communauté et intégrés pour permettre de s’adapter (Perrin, 2017). Ainsi pour trouver de la nourriture, savoir où se déplacer, prendre en compte un problème au sein du groupe, les chamanes s’en réfèrent aux rêves et à l’expression subjective de chacun, formulé et rendu intelligibles par le chaman. Le chaman est un guide et un traducteur des informations de l’environnement. La communauté agit ensemble, aidée par le traducteur du groupe, le chaman. Si l’on devait trouver une profession qui se rapproche du rôle du chaman, cela pourrait correspondre à médiateur. Et ce médiateur est essentiel pour la cohésion du groupe, car pendant toute la période paléolithique les peuples sont nomades et ainsi agissent en groupe (Villeminot, 2002). On peut supposer que les dissidents au groupe sont libérés de leur lien avec la communauté, car c’est l’unité du groupe qui fait sa survie. Si l’on prend l’exemple des Inuits, qui sont restés chasseurs-nomades ou semi-nomades sous l’influence du climat polaire (permafrost) (Robert-Lamblin, 2019), les personnes âgées sont tuées ou abandonnées par la communauté (Volant, 2012). Les périodes mésolithique et néolithique amènent une mutation majeure dans la gestion du groupe, car le groupe se sédentarise. Ainsi la gestion des malades (et toutes personnes mettant en danger la collectivité) se fait par l’expulsion. Autrefois, il suffisait de le désolidariser du groupe pour expulser le malade (la vie se faisait le juge de sa survie), à présent, le groupe se fixe à un endroit ainsi le malade est tué s’il n’accepte pas son châtiment.

Ainsi comme dans les sociétés nomades, le malade mental est toléré tant qu’il ne met pas en péril la collectivité. La collectivité s’étant agrandie progressivement à des notions mondiales, l’exclusion s’est petit à petit faite par enfermement (Foucault, 1972). Cependant avec l’établissement de classes sociales par la sédentarisation (les Inuits, nomades, n’ont pas de classes sociales (Robert-Lamblin, 2019)), les prises en charge ont elles aussi été modifiées. Autrefois, les peuplades nomades mettaient un point d’honneur à la cohésion du groupe.

Avec la hiérarchisation de la société et le développement des classes sociales, cette cohésion passe par le respect de la structure sociale.

4. Nouveau mode de vie, nouveau mode de pensée.

Le fou n’est profondément que le langage de l’autre. Comme l’explique Patrick Lemoine : « Le psychiatre n’est au fond que l’instrument d’une société qui souhaite se débarrasser en période de crise de ceux qu’elle considère comme autres. » (Cyrulnik & Lemoine, 2018, p.236). Ainsi le fou est celui qui nuit au bon fonctionnement de la société. En période de nomadisme, le bon fonctionnement du groupe est sa survie en de bons termes, la cohésion du groupe fait sa survie. En période de sédentarisation, c’est l’activité du groupe et son rendement qui permettent le développement des biens du groupe et ainsi le développement de sa puissance militaire et culturelle permettant sa survie. Ainsi l’oisif devient le fou (Foucault, 1972). Dès 1750 av. J.-C., dans le Code d’Hammurabi, on retrouve les lois qui régissent les échanges humains, on peut y lire (§196-201) :

Si un homme arrache l’œil d’un autre homme, son œil sera arraché. Si un homme brise un os d’un autre homme, son os sera brisé. S’il arrache l’œil d’un affranchi (esclave rendu libre), il lui paiera une livre d’or. S’il arrache l’œil de l’esclave d’un autre homme, ou brise un os de l’esclave d’un autre homme, il devra payer la moitié de sa valeur. Si un homme brise une dent de son égal, une dent doit lui être brisée aussi. S’il brise une dent d’un affranchi, il lui paiera le tiers d’une livre d’or.

Ainsi comme le montrent ces paragraphes, la vie humaine se monnaie. Elle s’est transformée en valeur monétaire (George, 2008). Le nomadisme où le groupe et la vie humaine étaient le plus importants a laissé la place à la  sédentarisation où les biens, l’or sont les garants de la société. Les classes sociales hautes sont valorisées par rapport aux autres classes et ainsi la survie de l’individu ne se fait plus dans la cohésion avec le groupe, mais dans son ascension sociale. Ainsi le fou devient celui qui bouleverse l’ordre social. On fera tout pour le remettre au travail pour qu’il contribue à l’économie du groupe, jusqu’à l’enfermer et le mettre aux travaux forcés pour le soigner (Foucault, 1972).  L’acharnement thérapeutique et le déni de la parole du patient sont les lignes directes de cette pensée. Si la personne ne contribue pas au bien de la société et des puissants alors son existence devient inutile. De cette pensée apparaît l’eugénisme et l’idéologie totalitariste, les fous deviennent une gêne au développement (Cyrulnik & Lemoine, 2016). On exclura alors aisément les dissidents au parti en les décrétant atteints de schizophrénie blanche (Foucault, 1972) ou schizophrénie torpide (Cyrulnik & Lemoine, 2018) sous Staline. En Chine, on retrouve cette même démarche avec le terme de maniaque politique pour ceux qui hurlent des propos anti-partis (Cyrulnik & Lemoine, 2016). On peut citer la phrase du psychiatre français, Valentin Magnan : « Le progrès ou la mort. » (Cyrulnik & Lemoine, 2016, p.15) dites au début du XXe Siècle qui résume cette logique.

5. Le progrès ou la mort.

Mais comment peut-on faire pour tirer le maximum des vivants ? Comment peut-on faire pour amener certains à retourner à la productivité ? Lorsque la survie du groupe dépend à présent de la survie des puissants qui contrôlent le groupe, les autres êtres vivants deviennent des instruments de leur survie.

Les recherches sur la culture chamanique montrent qu’il existe deux types de thérapies pour soigner les personnes en souffrance : l’adorcisme, ou le retour de l’âme et l’exorcisme ou l’extraction du mal. La première s’intéresse à comprendre et exprimer les tourments de la personne pour permettre une meilleure intégration au groupe et une compréhension des messages véhiculés par ce mal. Chaque message étant une indication des esprits qu’il ne faut pas nier, mais respecter. La personne peut suite à cela avoir un accès à un rôle plus éminent au sein de la communauté comme devenir chaman par exemple (Halloy, 2015 ; De Heusch, 1971). La deuxième pratique, l’exorcisme, s’intéresse à extraire le mal. Cela part du postulat que des esprits négatifs se sont emparés de cette personne et qu’il faut faire revenir cette personne à son état antérieur. Dans l’exorcisme, on chasse le message véhiculé par les esprits, car ce message est jugé destructeur. Les Thongas (Afrique du sud) craignent d’être possédés par les esprits ancestraux des Zulus, leurs voisins par exemple (De Heusch, 1971). Ainsi la peur de se mélanger motive l’exorcisme. Le mélange est aussi la cause de changement social, ainsi l’exorcisme est favorisé quand il y a une peur du changement social. Nous pouvons ainsi supposer que les pratiques thérapeutiques se sont progressivement tournées vers l’exorcisme pour maintenir un ordre social stable. En empêchant l’intégration des messages au sein de la communauté, on empêche l’esprit de changement d’incarner le possédé et ainsi on maintient la hiérarchie sociale. Ces pratiques d’exorcisme se sont alors généralisées et développées avec la théorie des humeurs en Grèce antique (IVes siècles av. J.-C.), où l’on voyait d’abord sous Hippocrate le mélange de deux fluides (humeur) en chaque être le phlegme et la bile qui en se mélangeant pouvait créer des déséquilibres et des maladies. On procédait alors à des saignées, diarrhée, vomissement… pour extraire l’humeur en trop du corps de l’individu. Ces exorcismes permettaient de rétablir l’équilibre dans le corps du malade. Plus tard, avec Galien (IIes siècles apr. J.-C.), ces humeurs deviendront 4 avec l’ajout de la bile noire et du sang (Thivel, 1997). Cette prise en charge se poursuivra jusqu’au 18e siècle, avec des applications thérapeutiques similaires que sous Hippocrate et Galien. L’extraction du mal se poursuivra sous d’autres formes : douche froide pour calmer les maniaques (pour enlever l’excès de chaud), inoculation du paludisme pour stimuler les paralysés (excès de froid), extraction de la pierre de folie (cette pratique était peu usitée au Moyen-Âge (cf. : Cyrulnik & Lemoine, 2018)) en a découlé les lobotomies à l’époque contemporaine pour ôter la folie. Cette idée se prolongera avec Pasteur qui émit l’hypothèse en 1881 du microbe de la folie, puis la découverte de l’ADN (1954) amènera à chercher le mal dans le matériel génétique. Cette chasse à la folie se prolonge avec les recherches sur les gènes de la schizophrénie ou autres maladies mentales. L’utilisation thérapeutique des médicaments suit le même procédé, on tente de couper le mal, de l’enlever. Si vous avez mal à la tête, prenez un Doliprane, si vous ne pouvez pas dormir prenez un hypnotique. Le problème n’est pas réglé, il est évité. Cette pratique est similaire à l’exorcisme, on n’intègre pas le mal, on le renvoie…à coup de cachet. Et cette technique n’est pas sans déplaire aux lobbyismes. La publication du DSM-IV a par exemple fait passer la vente des médicaments contre les troubles de l’attention de 15 millions de dollars à 7 milliards (Cyrulnik & Lemoine, 2016). Il ne faut bien sûr pas nier, l’avancée fulgurante que les médicaments ont permis sur la prise en charge de la santé et dans le domaine de la psychiatrie : Arrêt des violences et des incarcérations forcées sur les fous furieux. Cependant, il ne faut pas généraliser une pensée organiste et en oublier les rôles sociaux et psychiques sur l’organisme. La perception de Boris Cyrulnik (2018) développe cette mise en garde (p.41) :

[la science], ce savoir fragmenté est celui qui donne accès aux diplômes, aux publications de carrière et aux postes de responsabilités. Ce qui ne veut pas dire que ces chercheurs ont tort, mais ce qui prouve qu’un savoir partiellement vrai peut-être partiellement faux et qu’une théorie qui prétend être totalement explicative se place sur le tapis roulant des idées totalitaires.

Nos démarches thérapeutiques uniquement centrées sur l’exorcisme ont fait des choses intéressantes. Elle a permis la survie de l’organisme sur plusieurs décennies supplémentaires et la découverte minutieuse du micro et du macrocosme. Cette quête à la survie est l’allégorie de la quête d’immortalité déjà présente dans le mythe de Gilgamesh sumérien (2650 av JC) que l’on peut retrouver dans les idées du transhumanisme actuel (Bossi, 2003). Cette recherche reprend les principes évolutionnistes et la quête du surhomme, parfait sans tare. Cette quête biblique du retour au jardin d’Eden en extrayant le mal réalisé (croquer le fruit défendu) serait-elle le seul moyen de retourner à un bien-être ? N’y aurait-il pas un autre chemin ? Plus flexible, favorisant l’adaptation de soi et de son environnement ? Et si la folie avait un message à nous faire passer ?

Ces questions seront développées la semaine prochaine… A bientôt

Sources: 

Bossi, L. (2003). Histoire naturelle de l’âme. Presses universitaires de France.

Bottéro, J. (1992). Initiation à l’orient ancien. Paris : Seuil.

Bottéro, J. & Kramer, S., N. (1989). Lorsque les dieux faisaient l’homme : Mythologie mésopotamienne. Paris : Gallimard.

Cyrulnik, B., & Lemoine, P. (2016). La folle histoire des idées folles en psychiatrie. Odile Jacob.

Cyrulnik, B., & Lemoine, P. (2018). Histoire de la folie avant la psychiatrie. Paris: Odile Jacob.

De Heusch, L. (1971). Possession et chamanisme. Bibliotheque des sciences humaines, 226-244.

Descola, P. (1994). 16. Pourquoi les Indiens d’Amazonie n’ont-ils pas domestiqué le pécari : Généalogie des objets et anthropologie de l’objectivation. Dans : Bruno Latour éd., De la préhistoire aux missiles balistiques: L’intelligence sociale des techniques(pp. 329-344). Paris: La Découverte.

Foucault, M. (1972). Histoire de la folie à l’âge classique. Paris : Gallimard.

George, B. (2008). B…comme Babylone. [Film]. France : les films du tambour de soie.

Halloy, A. (2015) Divinités incarnées. L’apprentissage de la possession dans un culte afro-brésilien, Paris : Editions Pétra, coll. « Anthropologiques ».

Passé sauvage & Scilabus. [Le Vortex]. (2019, 10 avril). La forge des inégalités. [Vidéo en ligne]. Consulté sur :   https://youtu.be/6pbZn1d_4vo

Perrin, M. (2017). Chapitre I. Histoire et définitions. Dans : Michel Perrin éd., Le chamanisme (pp. 5-23). Paris cedex 14, France: Presses Universitaires de France.

Pichot, A. & Testart, J. (2019). « EUGÉNISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juillet 2019. http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugenisme/

Robert-Lamblin, J. (2019). « ESQUIMAUX ou ESKIMO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juillet 2019. http://www.universalis.fr/encyclopedie/esquimaux-eskimo/

Thivel, A. (1997). Hippocrate et la théorie des humeurs. Noesis, (1), 85-108.

Villeminot, B. (2002). Regard sur la civilisation aborigène. Cahiers jungiens de psychanalyse, (1), 81-94.

Volant, E. (2012). La mort par pays : les inuits. [En ligne], consulté le 28 juillet 2019. http://agora.qc.ca/thematiques/mort/dossiers/inuits

 

La TIP : Thérapie interpersonnelle

Toute dépression a comme origine un problème social. Ceci se vérifie par la verbalisation des patients : depuis le décès d’untel, je déprime. Depuis mon changement de travail, je ne trouve plus goût à rien. Ou encore, la vie n’a pas d’importance, si ça en avait, je ne me serais pas retrouvé dans un orphelinat.

Cette vision des choses permet de s’attaquer au problème clé : ce qui nous vitalise est l’interaction que l’on a avec les autres. Un sculpteur s’épanouira dans l’interaction qu’il aura avec la pierre. Un artiste par sa prestation et la réaction du public…

On ne vit que dans l’interaction et si les êtres unicellulaires ont pu vivre aussi longtemps sur cette planète, c’est grâce à la communication et la coopération qu’ils ont développée avec leur pair (il suffit d’observer un échantillon de notre peau pour constater que si tout fonctionne aussi bien, c’est parce que chaque cellule coopère avec sa voisine).

Ainsi la TIP vise à recréer du lien social pour redonner goût à la vie.

Les liens sociaux se façonnent de la façon suivante (modèle de Knapp ci-dessous) :relation-social.jpg

  1. De la rencontre se crée une découverte de l’autre qui aboutit à un accordage ou non.
  2. Si accordage il y a, alors les moments ensembles vont se multiplier, créant une intégration progressive de cette personne dans notre vie.
  3. Ceci peut amener à la création de projets en commun (engagement).
  4. La suite de projets entraînera un maintien de la relation.

Dans le cas où la relation dysfonctionne :

Une différenciation entre soi et l’autre apparaît. On ne se reconnait plus dans cette relation. Ceci va réduire les échanges (limitation), amenant à une stagnation et peut-être un évitement progressif de l’autre, amenant la fin de la relation.

La vie étant régie par la loi d’impermanence : tout change constamment. Les situations ne restent jamais identiques et fluctuent à chaque rencontre. Comme le disait Héraclite : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. » Et il en est de même pour les relations sociales. Notre façon de percevoir et la situation fluctuent à chaque instant. Ceci pouvant créer des conflits, des changements de situations (transition de rôle), un isolement ressenti (isolement qualitatif) ou réel (quantitatif), ou le départ d’une personne chère (deuil). Ces 5 cas de figure sont pris en charge par la TIP en axant sa prise en charge sur ce qui dysfonctionne. La plupart du temps, les dysfonctionnements sont récurrents et ciblés à des phases clés de la relation. Voici un bref aperçu :

tip-schc3a9ma.png

Le but de la TIP sera de permettre au client de recréer des relations sociales saines qui lui permettent de s’épanouir. Pour ce faire, un outil : la clarification des envies :

Règles : Besoins : Attentes : Disponibilités :
Identifier les règles de vie que l’on veut respecter. Identifier les besoins que l’on veut assouvir. Identifier ce que l’on veut concrètement pour que ce besoin soit assouvi. Observer nos relations et voir si quelqu’un est disponible pour réaliser notre souhait.
Ex : La réussite professionnelle est ma priorité. Avoir un emploi où je m’épanouis et suis reconnu. Échanges cordiaux avec les collègues. Patrick & Pascal sont disponibles et cordiaux pour échanger avec moi

Suite à cette clarification, le patient s’engage à développer des liens sains en rapport avec ses règles de vie. Ainsi il crée des relations sociales en rapport avec ce qu’il souhaite (pour plus de détails pour développer cela, lire l’article : ACT).

Le deuxième point important à travailler en TIP est la qualité des liens. Bon nombre de personnes ont pu avoir des soucis familiaux créant des schémas de comportement inadapté (pour plus de détails, voir mon article sur le sujet : thérapie des schémas). Ceux-ci façonnent notre façon de nous attacher aux autres. Les deux grandes possibilités de comportements inadaptés interviennent dans les familles où l’enfant ne s’est pas senti en sécurité (inattention envers l’enfant, manque de réassurance de l’enfant…). Ces comportements peuvent créer :

  1. L’attachement insécure évitant: La personne évite les relations sociales, car elle manque de confiance en elle et a multiplié les expériences négatives.
  2. L’attachement insécure ambivalent : la personne a manqué de présence familiale ou était soumise à des informations contradictoires (ex : Je te tape pour ton bien), ce qui a inhibé la compréhension globale du fonctionnement des interactions sociales.

Dans ces deux cas, le thérapeute réapprendra au patient les codes des relations sociales. Pour ce faire, deux outils :

  1. L’analyse réplique par réplique: cet exercice vise à reprendre les phrases échangées avec un tiers pour en comprendre le besoin sous-jacent et ainsi proposer une formulation plus commode pour la compréhension et l’acceptation inconditionnelle de chacun.

Ex : « Je m’occupe toujours des enfants ».

Quels sont les besoins sous-tendus par cette phrase ? « J’aimerais que mon mari m’aide dans cette tâche afin que je puisse souffler de temps en temps. »

Ainsi vous souhaitez avoir plus de temps pour vous reposer ? « Oui, c’est cela ! »

Pourriez-vous le formuler de la sorte : « Je suis fatigué, est-il possible pour toi de t’occuper des enfants pendant que je fais la sieste. » Si la personne accepte de reformuler de cette façon, demande à ce que ce soit fait les prochaines fois. (Ceci est un exemple, les formulations sont souvent plus complexes, comprenant tous les tenants et les aboutissants de la situation).

  1. Le Jeu de rôle: Le thérapeute joue le patient & le patient l’interlocuteur. Chacun essaye de comprendre au mieux ses besoins dans une situation donnée et de les exprimer, le plus intelligiblement possible.

Ainsi le patient apprend à échanger correctement avec son entourage et favorise des rencontres épanouissantes par rapport à ses besoins.

Afin de favoriser l’adhésion du patient aux reformulations, chaque exercice se coconstruit avec le patient. Ce n’est pas le thérapeute qui impose une formulation. Dans le cas, d’emportement émotionnel qui entraîne des soucis émotionnels, une gestion de l’émotion est proposée.

Les recherches scientifiques montrent que la TIP est la thérapie avec les meilleurs résultats sur la pathologie dépressive (Barth & al, 2013).

Pour aller plus loin, je vous invite à lire :

Pratique de la TIP, thérapie interpersonnelle de Nicolas Neveux. Ed : DUNOD

Et à voir ma vidéo sur le sujet: https://youtu.be/K2oYQ1WhcCM

ACT : La thérapie d’acceptation & d’engagement

Cette thérapie mise en place par Steven Hayes répond à la question essentielle : comment réussir ce que j’entreprends ?  Alors que la plupart des personnes réfléchissent sur ce qu’il pense être et ce qu’ils pensent pouvoir réussir par rapport à comment ils se définissent. L’ACT propose de se poser cette question autrement : qu’est-ce que je veux devenir ? Puis de changer sa façon d’agir et de penser en se questionnant : est-ce que cette action/pensée est utile par rapport à la démarche que j’entreprends ? Et ainsi suggère de cultiver des actions qui vont dans le sens de comment on veut voir émerger notre vie. Le nom de cette thérapie : ACT est là pour nous amener à l’action. Comme l’explique René Char : « Il n’y a que deux conduites dans la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit. ». Passons à l’accomplissement alors !

Prenons un exemple : une personne qui souhaite être heureuse. Ce simple souhait démontre par lui-même qu’il n’est pas réalisé. Pourquoi ? Car la personne s’autocritique pensant que le bonheur est quelque chose que l’on mérite et pas que l’on vit. Pourtant, comme l’explique Lacan : « Agir, c’est arracher à l’angoisse sa certitude. » L’angoisse inhibe l’acte qui pourtant arrache à l’angoisse une certitude, celle qu’il existe une autre réalité ! Ainsi en agissant vers le bonheur, cette personne passera naturellement du « je veux être heureuse » à « je suis heureuse ! » C’est pour réaliser ce pas que la thérapie ACT demande à la personne de se poser cette question : est-ce que ces pensées sont utiles par rapport à ma démarche ? Est-ce qu’ils vont dans le sens de me rendre heureuse ? En modifiant ses actions et pensées, on se pose alors une 2e question : qu’est-ce que je pourrais faire ou penser pour cultiver/développer cette joie que je souhaite avoir ? Ainsi le but étant de cultiver des actions ou des pensées utiles par rapport à la démarche recherchée. À ce moment-là, la personne peut tout à fait se dire : « je vais m’acheter ou cultiver des fleurs pour me sentir heureuse. Ou encore, je vais passer un moment tranquille avec moi-même pour me sentir heureuse. » À ce moment-là, le travail est fait, la joie arrive. Et il suffit de cultiver ces moments pour développer ce que l’on souhaite. Dans cette thérapie, le but n’est pas de contempler notre pseudo-réalité que l’on se ressasse jour après jour et qui nous fait souffrir (pour en apprendre plus sur cette pseudo-réalité inventée par nos schémas du passé, je vous invite à lire cet article en cliquant sur les mots soulignés). Mais de mettre en place une dynamique pour cultiver ce que l’on veut.

Ne penser plus réalité, pensez utilité !

Le deuxième axe de cette thérapie est de permettre à chaque personne de se sortir de ses schémas limitants. Il faut bien comprendre que certains d’entre eux sont bien enracinés en nous. Pour ce faire, la thérapie ACT procède en 3 étapes :

  1. L’acceptation et le détachement avec son expérience négative.
  2. Le recadrage sur soi.
  3. Cultiver les choses que l’on veut voir fleurir dans sa vie.

Ces 3 étapes se découpent en 2 exercices chacun :

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Acte 1 : L’acceptation et la défusion

Ils ont pour but de permettre à la personne d’accepter ses émotions négatives et de se détacher progressivement de leur action néfaste (défusion). Par exemple, une personne traumatisée suite à un accident de voiture ne souhaitera plus retourner dans une voiture. Cependant pour aller au travail, il doit prendre sa voiture. Ainsi, chaque matin et chaque soir, il conduit tout en étant envahi par des frayeurs successives qui lui gâchent la vie. La plupart du temps, les personnes soumises à ce type de frayeur vont tout faire pour éviter d’y penser. En mettant de la musique à un fort volume, ou en pensant à autre chose qu’à la conduite. Malheureusement, il suffit d’un coup de klaxon, d’un gros camion pour ramener l’attention au présent et faire revenir cette peur. La première étape pour avancer est d’accepter cette sensation. C’est-à-dire faire face à la situation tout en sentant son ventre qui se noue ou sa gorge et peut-être sentir une vague d’angoisse nous submerger. En y faisant face, d’abord en visualisation, on commence à avancer avec cette sensation, on l’accepte. On ne l’alimente pas pour autant, on ressent les sensations. Passe ensuite l’étape de la défusion, cette sensation angoissante peut intervenir plusieurs fois au cours de notre journée, on ressent alors sa montée, puis sa descente (comme toute chose, l’émotion est aussi soumise à la règle immémoriale de l’impermanence).  Cet apprentissage que toute chose à une fin permet de s’en détacher progressivement et ainsi de ne plus générer autant d’angoisse qu’auparavant. La variété des contextes dans laquelle cette sensation intervient peut même rendre l’expérience burlesque et nous amener à un détachement encore supérieur grâce à l’humour.

Puis progressivement, on peut amorcer :

L’acte 2 : Le recadrage sur soi :

L’utilisation du moment présent pour se recentrer est capitale dans bon nombre de thérapie à présent. Grâce à la méditation, l’instant présent est devenu un adage populaire et une valeur que bon nombre de personnes développent au quotidien. Le deuxième exercice : le soi observateur est centré sur la capacité à observer une situation qui nous arrive sans se comporter dans son sens. Prenons l’exemple de cette personne traumatisée de la route : il peut ressentir son émotion sans pour autant entraîner une suite d’action de repli sur soi et d’anxiété généralisée. En ne ressentant que les sensations sans entraîner les conséquences, on cesse d’alimenter ce schéma et enfin on commence à se comporter et à se sortir de cette situation problématique. On peut aussi par exemple, observer son patron nous faire une remontrance brutale sans pour autant incarner le mode enfant vulnérable qui se replie sur lui. Et ainsi, réagir en tant qu’adulte à un tiers qui se comporte comme s’il était notre parent punitif.

Acte 3 : Cultiver les choses que l’on veut voir fleurir dans sa vie !

Cette étape s’axe sur les valeurs que l’on veut voir naître dans sa vie. Si la personne de l’exemple veut pouvoir conduire sereinement, il est important qu’elle entraîne des démarches pour retrouver sa sérénité au volant. Ainsi en cultivant des pensées positives (valeurs) et une conduite agréable au sein d’environnement non anxiogène de prime abord (action engagée). Puis dans des environnements multiples, elle généralisera l’expérience positive à toutes les autres situations, lui permettant de retrouver sa confiance en elle au sein de sa conduite.

Vous pouvez constater la facilité de compréhension de cette thérapie et de mise en application dans sa vie quotidienne. Le maître mot de cette thérapie est : la flexibilité ! Retrouver une flexibilité totale dans sa vie, afin de sortir de ses schémas limitants qui rigidifient nos pensées et nos comportements et enfin se permettre de réaliser nos rêves.

Si vous souhaitez vous tester pour voir quel travail vous devez réaliser pour accroître votre flexibilité, je vous invite à répondre aux questions posées sur ce schéma : (en répondant à chaque étape clés (acceptation, défusion…) sur un barème de 1 à 10. 1 étant l’expérience minimale de cette compétence et 10, l’expérience maximale.) À vous de jouer !

Et n’oubliez pas : « C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. » Henri Bergson.

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Pour aller plus loin, je vous invite à :

Voir cette vidéo : https://youtu.be/bLlP1pytgIw

Lire l’ouvrage : la thérapie d’acceptation et d’engagement. ACT. De Jean-Louis Monestès & Matthieu Villatte. Aux éditions : Elsevier Masson.

La thérapie des schémas de Jeffrey Young, ou comment réinventer sa vie

Dans cet article, nous allons voir un outil que je trouve très intéressant pour comprendre la psychologie humaine et ses rouages.

La thérapie des schémas de Young s’inscrit dans le courant des thérapies cognitivo comportementales de 3e vague. La première vague ne s’intéresse qu’aux comportements (Pavlov, Skinner avec leurs études sur le conditionnement opérant sur les chiens et les animaux). La deuxième vague a ajouté l’analyse et la modification des cognitions pour traiter plus en profondeur les pathologies. La troisième vague ajoute les émotions aux traitements réalisés. Ainsi la thérapie des schémas s’intéresse au comportement, aux cognitions et aux émotions.

Jeffrey Young postule qu’afin de nous créer dès la petite enfance nous traduisons des informations de premier ordre (sensorielle) en données de second ordre (informationnelle). Cette jonction est facilitée par l’interprétation des sensations faîtes par l’entourage. Ces raccourcis cognitifs permettent de gagner du temps, mais ont la fâcheuse tendance de conditionner notre futur. Chacune de ces constructions est nommée par Jeffrey Young, des schémas.

Il les a classés selon 5 grandes catégories types :

1.La séparation & le rejet :

Cette première catégorie de schéma naît dans un environnement où le milieu familial n’est pas stable, voire maltraitant. L’enfant ne peut alors pas développer un sentiment de sécurité suffisant pour explorer et comprendre son environnement (pour plus de détails, voir les travaux de Bowlby). En grandissant, il développe alors une crainte excessive envers les autres et le sentiment que personne ne sera là pour lui. Ceci l’amène à s’isoler et à se dévaloriser.

2.Le manque d’autonomie & de performance :

À l’inverse, ce schéma-là naît dans une famille surprotectrice (rarement sous-protectrice, même si le cas a pu arriver). La famille va alors exercer une pression constante sur l’enfant afin qu’il ne se blesse pas, créant un déficit dans la prise d’initiative de cet enfant. L’exploration de son environnement sera alors limitée engendrant un déficit d’autonomie et de performance chez l’enfant.

3.Le manque de limite :

À l’opposé du précédent, l’enfant est dans une famille très permissive. L’autorisant à faire tout ce qu’il veut sans limites. L’enfant croira alors en grandissant que tout lui est permis et que tout lui est dû, oubliant alors complètement de prendre en compte l’avis des autres.

4.L’orientation vers les autres :

A contrario, l’enfant ici naît et doit s’occuper des autres (car il est l’aîné, car la mère ou le père est malade…). L’enfant va alors construire sa personnalité autour de l’aide aux autres, se définissant comme une bonne ou une mauvaise personne en fonction de l’avis qui lui est renvoyé.

5.La survigilance & l’inhibition:

Dans ce cas, l’enfant est dans une famille très stricte, où les règles passent avant l’affection. L’enfant devra alors respecter chacune des règles établies avant de pouvoir faire ce qu’il veut. Les profils types des enfants de ce groupe sont exigeants (pouvant aller jusqu’à l’hétéro ou l’autopunition), dans un surcontrôle émotionnel, et pessimiste.

Chacun de ces schémas construit profondément la psychologie d’une personne, l’amenant à traduire son environnement de cette façon-là de manière quasi automatique. Il faut une première réflexion sur le fait que chaque pensée n’est que notre interprétation et jamais le reflet exact de la réalité pour pouvoir commencer à travailler sur les concepts qui nous habitent.

Chaque ressenti est traduit par votre cerveau. Ainsi nous ne pouvons jamais avoir de données objectives, uniquement des données subjectives. Lorsque vous lisez ces lignes, par exemple, vous traduisez ce que vos yeux voient : des couleurs noires sur du blanc, que vous interprétez comme des lettres qui signifient des mots et ont un sens dans la phrase. Pour être purement objectif, il faudrait être au-delà du signifié et alors les mots resteraient des taches de couleurs sans concept apparenté. Ainsi vous retourneriez dans un état contemplatif d’où vos schémas vous ont tiré aux prémices de votre vie. Bienvenu dans la médiation 😊

Si vous êtes prêt à remettre en question votre façon de penser, alors commencez à analyser chaque interprétation que vous faites de la réalité sous le crible de la raison en démontant les biais suggestifs dus à votre éducation.

Notez chacun des biais et recoupez-les sous les distorsions cognitives précédemment vues. Ex. : Quelqu’un me percute dans la rue. Je pense : « il pourrait faire attention. » Si je me pose la question : « pourquoi, devrait-il faire attention ? » Je pourrais répondre : « Parce qu’il me doit le respect. » Ainsi j’active un schéma de type manque de limites, avec une impression que tout le monde doit me respecter.

Petite précision à faire : Évidemment que le respect est important, mais ce cheminement de pensée est dû à une somme de code acquis par mon expérience. Le mieux serait de ne pas activer de schéma afin de ne pas conditionner mon expérience dans un cadre restrictif. Si la personne me bouscule et que je ressens la sensation de son corps sur le mien, ceci peut être une expérience sensorielle agréable et ne pas se ternir en une interprétation de manque de respect.

Ainsi si toute la vie est à l’image d’une immense danse sensorielle, alors les interactions ne seront plus que des couleurs et des sons et votre univers ne sera plus qu’une immense toile de maître dessinée par la Vie.

Je vous souhaite de vous épanouir sur le chemin des possibles, sans oublier qu’il en existe une infinité qui pourrait vous plaire à chaque instant. N’hésitez pas à choisir les choses que vous voulez vivre. La vie n’est pas un labeur, c’est un choix de l’existence pour vivre dans la félicité à chaque instant. Vous êtes le maître de vos vies, ne l’oubliez pas !

Pour aller plus loin, voici quelques vidéos:

Aller plus loin dans la théorie:

https://youtu.be/ZJ-svSZ_xxM

Découvrez les solutions pour se sortir de ses schémas :

https://youtu.be/-iBMcpXHeDw

Aller encore plus loin avec les solutions possibles:

https://youtu.be/0m1hqjOEQJQ

 

Le jeûne, une thérapie révolutionnaire ou un retour à la terre ?

Suite à un jeûne de 21jours, je me suis renseigné sur ce processus naturel et essentiel pour tout écosystème : Faire une pause.

Lorsqu’une route doit être reconstruite, on bloque la portion de route.

Lorsqu’une salle doit être rangée et lavée, on retire toutes les personnes, on enlève les encombrants et on nettoie de fond en comble correctement.

Pourquoi le corps devrait-il être traité différemment ? Pourquoi on lui laisse aucun repos alors que la vie naturellement a besoin de repos pour continuer à être ?

Si une route n’est pas entretenue, ceci devient autre choses, mais surement pas une route très sûre. Il en est de même pour le corps et le système digestif. Les maladies interviennent lorsqu’une lésion / un problème se généralise. Pour le réparer, il suffit de faire une pause et de le prendre en charge. Cette pause doit être autant spirituelle (avec l’esprit) que matérielle (avec le corps). Si les deux se mettent en pause alors comme le disait Benjamin Franklin : « Les meilleures de toutes les médecines sont le jeûne et le repos. ».

Mais alors que cela est tellement évident, pourquoi personne ne le met en pratique ? Alors que la maladie nous indique de ne pas manger (diminution d’appétit lors d’infections), pourquoi nous forçons-nous ? La réponse est simple le matraquage des firmes agroalimentaires. Alors que la plupart des personnes ne mangeaient que 2 repas par jour, il y a 100 ans. Nous sommes passés à 4 voir 5 repas dans la journée. Est-ce vraiment nécessaire ? Autre fait intéressant : le diabète, les problèmes cardiovasculaires et le cancer sont les maladies phares de notre siècle. De manière étrange, le jeûne peut remédier à chacun de ces problèmes (pour plus de détails, je vous invite à lire le livre du Dr Fung : le guide complet du jeûne).

Étrange ? Je ne pense pas. La maladie de notre siècle vient peut-être aussi d’une surconsommation des matières premières (destruction de la planète), des nutriments (surexploitation)… ainsi une réduction de la consommation pourrait être une solution locale (notre corps) à un problème global (la planète).

Si vous êtes prêt à franchir le pas pour changer votre vie et favoriser une réduction de la consommation par votre fonctionnement alors, je vous donne quelques clés pour y arriver :

  1. Renseignez-vous! Le livre : le guide complet du jeûne est très bien pour cela. Ou encore, le documentaire Arte de Thierry Lestrade : le jeûne cette nouvelle thérapie.
  2. Commencez à petits pas : Tout d’abord sauter un repas et voyez comment vous vous sentez, comment vous pensez. Faites cela vraiment en conscience pas juste parce que vous n’avez pas le temps.
  3. Tentez l’expérience pendant 3 jours de repos, écouter votre corps et mettez le en pause. Il faut savoir que la ghréline, l’hormone liée à la faim est principalement sécrétée avant nos prises alimentaires quotidiennes. Coïncidence ? Je ne pense pas ! C’est principalement notre conditionnement cérébral qui crée notre condition physique. Apprenez à vivre autrement et votre vie sera autre ! Comme l’explique Jimmy Moore, qui faisait alors 180kg avant de commencer ses expériences de jeûne : La faim est principalement créée par le mental. Le corps sait très bien gérer quand il n’a rien.
  4. Le shoot de la cétone : aussi étrange que cela puisse paraître, passez les 3 premiers jours de jeûne et ce seront vos graisses qui prendront le relais comme réserves de nutriments. Ces graisses, une fois transformées par le foie en cétone, seront votre boost principal. Les cétones étant le carburant originel du corps (remplacé par le glucose dans nos sociétés modernisées), elles boostent votre vitalité et vous donnent une sensation d’euphorie. Vous avez la sensation d’être hyper-lucide et dans un bien-être fabuleux. La règle du bonheur : Sortez des carcans.
  5. La petite voix dans la tête fait enfin silence ! Qui n’est pas perturbé par ses pensées automatiques ? Tout le monde y est victime. Pourtant dès qu’il manque de nourriture, il semblerait qu’elle se taise. C’est mon expérience de jeûne, après une semaine, plus de voix qui commentait, juste le calme et la sérénité… et ça, ça fait du bien.
  6. Hyper-productivité et hyper-confiance : Avec le jeûne, vous sentez que vous pouvez vous fier à votre corps. Il est parfaitement prêt à supplanter tous les problèmes. Une confiance en vous croît et avec elle, une productivité d’enfer. Fini les remises en question improductives, finis les doutes, la voix s’est tue, seule votre pensée est présente et elle conduit votre action dans une totale spontanéité. Le Flow de Csikszentmihalyi n’a jamais été aussi présent ! (Pour la petite anecdote, les légionnaires romains vivaient en pratiquant le jeûne intermittent (1 repas/jour). Ceci se nommait la Diet du guerrier (Cf livre: Warrior Diet). Ceci leur permettait de maintenir l’esprit affuté. N’est-il pas évident qu’après un repas, les fonctions mentales baissent en capacité afin de favoriser la digestion ?).
  7. L’hormone de croissance : Cette hormone qui vous a fait grandir et aussi là pour vous faire évoluer dans la vie. Nouveaux neurones, reconstructions de certaines parties endommagées du corps… l’hormone de croissance est là. C’est votre optimisateur personnel, votre anti-vieillissement intime. Malheureusement pour les mangeurs, elle est sécrétée quand le système digestif est au repos (elle est multipliée par 3 après 1 jours, et par 5 après 2 jours et par 12.5 après 45jours (étude réalisée dans le cadre d’un jeûne fait dans un but spirituel (réf : p.54 du livre du Dr Fung)).). Un niveau trop faible d’hormone de croissance chez l’adulte se traduit par plus de graisse corporelle, moins de masse musculaire et une baisse de la densité osseuse. Voilà pourquoi les athlètes s’intéressent de plus en plus au jeûne intermittent ! (p.63).
  8. L’autophagie. Yoshinori Ohsumi, le prix Nobel de médecine de 2016, pour sa découverte de l’autophagie, nous explique que les périodes de jeûne permettent à notre corps de recycler les vieilles cellules et ainsi de maintenir notre santé en réduisant le vieillissement cellulaire. Ayant moins de réserves, le corps puise dans les choses usagées à l’image de votre fonctionnement quand vous êtes en période de restrictions budgétaires, vous allez relire un vieux livre ou enfin lire ceux qui traînent depuis longtemps. Le corps fait la même chose, il recycle. La stagnation est mauvaise pour la santé. Recycler constamment et ainsi votre vie sera un tourbillon ascendant. 😉 Mais attention, l’autophagie ne se déclenche que l’estomac vide, dès 3g de leucine (par exemple) détectés dans le système digestif, fin de l’autophagie.

Le Dr Fung liste les bienfaits du jeûne dans son livre : le guide complet du jeûne (Ed: Thierry Souccar). En voici les bienfaits :jeune0002

  • Il améliore la clarté mentale et la concentration.
  • Il provoque une perte de poids et de graisse corporelle.
  • Il abaisse la glycémie (le sucre sanguin).
  • Il améliore la sensibilité à l’insuline.
  • Il entraîne une augmentation de l’énergie.
  • Il améliore la combustion des graisses.
  • Il réduit le taux de cholestérol sanguin.
  • Il prévient la maladie d’Alzheimer.
  • Il permet de vivre plus longtemps.
  • Il ralentit le processus de vieillissement.
  • Il réduit l’inflammation.

Même le Guinness book record parle du jeûne avec un homme de 27 ans, 207 kg, qui a jeûné pendant 382 jours sans effet secondaire négatif ! (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2495396/):https://imageresizer.static9.net.au/wzNal_V6P14XzBIG5Kvx42mkXC0=/480x270/http%3A%2F%2Fprod.static9.net.au%2F_%2Fmedia%2FNetwork%2FImages%2F2018%2F05%2F22%2F14%2F42%2F2205_barbieri_env_a.jpg

Angus Barbieri, avant et après son jeûne de 382 jours.

J’espère vous avoir motivé pour tenter l’expérience. C’est une des clés qui me permet de me sentir bien. Je fais maintenant un jeûne intermittent qui me permet de garder les bienfaits du jeûne en boostant l’hormone de croissance tout en gardant un plaisir nutritif lorsque toutes mes tâches sont réalisées.

Pour vous donner encore plus envie, je vous retrouve pour vous expliquer mon expérience de 21 jours, en vidéo à cette adresse :

Partie 1 :https://youtu.be/9amLnMCmxzo

Partie 2: https://youtu.be/1AwKX-5ePNI

Les recherches en physique quantique et la conscience

Qu’est-ce que la conscience ?

Qu’est-ce qui l’anime ou comment anime-t-elle ?

Qu’est-ce qui forme toute cette vie ?

Autant de questions que des milliards de personnes se sont posées à travers le temps. Ont-ils trouvé une réponse ? Plusieurs oui ! Voyons cela.

Si l’on reprend les grands débats matérialistes contre spiritualiste. Les matérialistes pensent que tout est dépendant de son environnement alors que les spiritualistes pensent que tout est intrinsèquement libre. Le matérialiste postule qu’il n’y a pas de conscience et que tout est régi par les lois de cause à effet et le spiritualiste pense que tout est régi par le libre arbitre. Qui a raison ? Peut-être les deux. Effectivement la matière est régie par des lois de cause à effet que les traditions spirituelles appellent le karma. Une cause créait une conséquence qui créait une conséquence… On rentre dans l’idée du Samsara bouddhiste. C’est-à-dire que chaque pensée et action que nous faisons est régie par les actions et pensées antérieures. Ici, les spiritualités parlent d’emprisonnement. Une personne enfermée dans cette façon de faire sera bloquée dans son conditionnement mental et physique et sera soumise à la souffrance. Comment se sortir de cela ? Les spiritualistes considèrent que l’esprit est libre et est capable de voir à travers les différentes façons de réagir possibles afin de trouver la paix. Pour faire cela, il suffit de ne pas réagir instantanément et de se poser à l’intérieur de soi (se poser physiquement amplifie cette prise de position). Puis de regarder les différentes postures que l’on peut avoir et progressivement s’éloigner de toutes ces identifications possibles. (Ex. : dans une situation où un collègue nous énerve, nous pouvons : 1. Nous énerver. 2. Se moquer de lui. 3. Mettre de la distance…).

Se dés-identifier à toutes ces réactions permet de retourner dans sa paix intérieure, là où rien n’existe encore. Une fois que l’on a retrouvé sa nature fondamentale, nous pouvons regarder le monde sous cette apparence sans s’identifier à nos anciens ou potentiels comportements et ainsi pouvoir réagir de la manière la plus adéquate possible pour maintenir la paix en nous. Baigné par cette grâce chaque possibilité peut-être la continuité de ce bonheur. À chacun de nous de faire le choix de la vie que l’on veut mener. En guerre constante ou guidée par sa paix ?

À travers cet exemple nous avons pu voir que les deux façons de voir la vie (spiritualiste vs matérialiste) conditionnent notre façon de réagir. C’est pour cela que les matérialistes auront tendance à être fatalistes tandis que les spiritualistes auront tendance à être croyants. Je ne prêche pas pour une voie ou une autre, j’essaye juste d’être objectif sur le fait que ce que l’on croit conditionne ce que l’on voit. Et ceci conditionne toute notre existence.

La difficulté des croyants est de soutenir sa pensée face à un sceptique qui le taquinera en lui disant que rien n’est prouvé (pensant intérieurement avoir raison de son nihilisme). Cependant, de nombreuses expériences plaident en faveur des spiritualistes.

L’étude de Grinberg-Zylberbaum, Delaflor, Attie & Goswami : Le Paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen dans le cerveau : Le potentiel de transfert :

Dans cette étude, des chercheurs se sont intéressés à voir si deux personnes connectées affectivement pouvaient transférer des états d’être. Ils ont alors placé des couples de longues dates et en bonnes ententes dans deux pièces séparées. Ils les ont équipés tous deux d’un bonnet électroencéphalographique (EEG) pour mesurer leurs ondes cérébrales. L’un des sujets recevait des stimuli visuels à partir d’une lumière pointée dans ses yeux. L’autre sujet du couple ne recevait aucun stimulus de ce genre. L’EEG calcule les ondes électromagnétiques propagées par notre cerveau lors de son activité. À l’image des lignes ferroviaires, notre cerveau est un ensemble de chemin tracé par nos axones qui réunissent deux neurones entre eux, comme les chemins de fer réunissent les villes. Lorsqu’un train parcourt un chemin de fer, il propage un bruit autour de lui. Si le train est un train de marchandise ou de passagers, il ne propage pas le même bruit (poids, taille différente). Les ondes électromagnétiques sont similaires à cela, c’est le bruit que propage l’activité du cerveau. En fonction de l’activité et des zones qui travaillent, l’EEG n’enregistre pas les mêmes « bruits ». Ainsi grâce à ce bruit, on peut deviner ce qui se passe dans le cerveau. Revenons à notre expérience : chez le premier sujet (stimulé par la lumière), on repérait une activité spécifique relative à la réponse neuronale de la stimulation lumineuse. Mais on retrouve aussi cette activation chez l’autre personne du couple non stimulé. Cette expérience a été faite avec un groupe de personne ne se connaissant pas et on ne remarque aucune activation similaire chez l’autre personne du groupe témoin. Vous pouvez retrouver cette expérience en suivant ce lien : https://www.scienceofnonviolence.org/docs/Grinberg1994.pdf

En cherchant sur google scholar cette expérience et en cliquant sur « cité », vous pouvez trouver toutes les autres expériences qui ont repris cette étude et qui l’ont développé.

Cette étude est dans la continuité philosophique de l’intrication quantique. L’intrication est le principe en physique quantique, que deux atomes s’étant rencontrés à un moment donné, reste connecté et se modifie l’un par rapport à l’autre même à des distances très éloignées. Cette étude a été faite avec deux labos (un en Inde, l’autre en Amérique) où chaque labo avait un des atomes intriqués. Quand un labo modifiait le « mouvement » (spin) de l’un des atomes, l’autre labo remarquait des modifications sur son atome. (Si vous voulez mieux comprendre le spin, je vous invite a regarder la vidéo de e-penser : https://youtu.be/O15hYimr1a0).

Le pouvoir de la conscience & l’étude de la double fente de Thomas Young :

Cette étude très connue sonne le début de la physique quantique.

https://i2.wp.com/www.astrosurf.com/luxorion/Physique/exp-double-fente.jpg
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Le principe est de laissé des photons passer à travers deux fentes. Afin de savoir si la lumière est composée d’ondes ou de particules. Si la lumière est comme plein de petites billes (particules) alors nous verrons sur le récipient photosensible s’inscrire deux points (représentation 2). Mais si la lumière est comme de l’eau (onde, photo à gauche), alors nous observerons des séries de bandes sur le récepteur photosensibles (représentation 1). Les chercheurs ont laissé tourner leur appareil pendant plusieurs jours, puis ont regardé les résultats : ils observaient les deux résultats.

 

En analysant les résultats, ils ont observé que la présence d’un expérimentateur dans la pièce faisait fluctuer les résultats. Ainsi la lumière se comportait comme une onde ET comme une particule. Ces deux façons d’expressions de la lumière fluctuaient en fonction de l’expérimentateur qui était dans la pièce (et de ses croyances). La lumière ne se traduisait alors qu’en particule ou en onde (vous pouvez retrouver une explication de cette expérience sur youtube  en tapant double fente expérience).

Cette dichotomie onde-particule est à l’image de notre compréhension de l’humain. On suppose en occident que l’humain n’est qu’une particule au sein d’un océan. Pourtant, en orient, on considère l’humain englué dans cet océan et appartenant à l’onde de vie, au flux. Ainsi naissent les grandes différences culturelles: 

  1. En orient: les personnes sont très influencées par leur famille et une pression importante de la société est soumise sur l’individu. S’il se déshonneur ou déshonneur sa famille, il est bon pour Harakiri.
  2. À l’inverse, en occident, on axe la pensée sur l’indépendance. L’idée que l’individu fait ce qu’il veut, mais ressent à contrario une sensation d’isolement et de solitude que témoignent les dépressions majeures (cette corrélation peut être faite, sous le regard des résultats en psychothérapie: La thérapie la plus influente pour soigner la dépression est la thérapie interpersonnelle, qui axe l’amélioration de la pathologie du patient grâce à une réinsertion dans un univers social (Ref ici).).

Ainsi un juste équilibre serait à trouver pour s’épanouir parfaitement: un équilibre entre lien et indépendance. Le mieux à mon sens est de pouvoir choisir la vie que l’on veut mener tout en créant des liens avec son entourage. La pratique de la méditation est philosophiquement cela: faire un choix sur ce que l’on veut contempler (Être conscient)  tout en acceptant les sensations qui nous gagnent. Conscience + Entièreté = pleine conscience. 

Ainsi le bonheur est dans l’acceptation d’être une particule au sein d’une onde. 

Peut-être que la lumière (les photons) est identique à cela. Des agrégats de particules infiniment plus petites que l’on croît que l’on considère nous comme une particule entière (un photon). Cette incompréhension me semble similaire à celle de l’atome en Grèce antique. Avec l’évolution de la science, nous avons observé que cette particule la plus infime possible était en faite composé de particules encore plus infimes à l’image du final de Men in Black 2. Cette métaphore intéressante pour voir autrement l’expérience humaine m’est venue de cette photo: un ensemble de particules (voitures) vues comme un flux quand on accélère :               flux de voiture.jpg

 

Ce qu’il faut retenir de ces expériences est que la nature est bien plus vaste et grande que le point de vue réductionniste de nos 5 sens. La Nature semble être non locale (pas réduite à des interactions de proximités) mais bien en interrelation complète avec l’univers, via une connexion électromagnétique et avec tout autre champ énergétique auxquels nous n’avons pas idée. Cette intrication, qui signifie entremêlement, enchevêtrement représente notre Nature connectée au Tout, où le macrocosme s’unit au microcosme en une danse infinie de be-atitude. Shiva-Shakti.

Si vous voulez en apprendre plus sur les possibilités de l’esprit, je vous invite à lire :

Merci à cette vidéo de m’avoir donnée cette idée sur les ondes- particules: 

Pensées

Je me lance dans un projet de vidéos pour permettre à chacun de réussir à approfondir son état d’être. Afin que chaque instant devienne un moment de plénitude.

Dans cette section, vous découvrirez des réflexions aidantes pour un cheminement aisé sur les chemins spirituelles.

Enjoy 😉

La vie est-elle simple ?

Y-a-t-il un but dans la vie ?

L’illumination, pour une recherche aisé de ce principe :

L’épanouissement :

Remboursement mutuelles

Dans le cadre des prises en charge psychothérapeutiques, il existe plusieurs mutuelles qui remboursent la totalité ou une partie des frais. Voici celles qui le font:

  • MGEN : 15€/séance (dans la limite de 20 séances/an).
  • Eovila
  • Groupama
  • AXA
  • SAMPRI
  • SP santé

Il y en a sûrement d’autres que je ne connais pas, dites le moi en commentaire ou par message afin que je les rajoute. N’hésitez pas à les mettre à contribution pour votre santé, elles sont là pour ça !