Iron Fist, le combat de l’immortel… contre l’addiction

Étant un grand fan de Comics depuis plusieurs années, j’ai pu explorer l’univers des Marvels & DC à travers l’œil du mysticisme auquel bon nombre de bandes dessinées sont empruntes. Iron Fist ne déroge pas à la règle avec son côté maîtrise du chi, pouvoir occulte & magie taoïste. Revenons sur ce chef-d’œuvre qui m’a fait voyager dans des contrées lointaines et oubliées.

Couv_108404 Mais quel est le rapport entre l’addiction et cette série? Et bien, le lien entre l’Iron Fist et Shou-Lao, le dragon immortel, est une métaphore de la compulsion addictive et de la réalisation de soi !

Shou-Lao est l’incarnation de la vie, traversant toute chose (Le Purusha des Yoga-sûtra[1]). Sans forme et toujours mouvante, elle traverse tout être, toute vie, lui faisant prendre forme. Pour arriver à canaliser sa force, le pratiquant (l’Iron Fist) doit plonger ses mains dans le cœur brûlant du dragon. Cette énergie donne alors accès à une puissance encore plus grande, infiniment abondante : l’énergie du monde et de l’univers… le Grand Tout. Ce que les auteurs de comics ont nommé le dragon immortel, Shou-Lao. Après avoir plongé ses mains et empli son cœur de cette énergie ultime (le Purusha), l’adepte se ressent couler au sein de la source de vie. Une félicité sans faille le gagne, il est alors devenu le Tout.

Mais pour ressentir cela, il faut auparavant maîtriser le serpent intérieur (la Kundalini dans les upanishads [textes hindous].). On remarquera que Shiva porte un serpent docile autour du cou, signe de sa maîtrise de son énergie interne (ci-dessous). shiva méditation.pngPour faire cela, il a d’abord exploré son être et découvert qu’au cœur du lâcher-prise, loin de toute confusion psychologique, se cache, un serpent endormi. Celui-ci recèle tant d’énergie qu’il donne accès à une extase sublime. Elle est le potentiel d’enfin réaliser tous ses rêves. Mais cette énergie en s’élevant peut être utilisée par des bribes de désirs, vestiges de frustrations psychologiques non assouvis, et ainsi t’emmener dans des méandres de colères et de haines difficilement surmontables. Cette connexion est une addiction, accessible par le lâcher-prise. Les toxicomanes s’y connectent au moyen d’objet extérieur, alors que le méditant la trouve à l’intérieur de lui par le domptage de son psychisme et l’ouverture de son cœur. Dans la série Iron Fist de Netflix, Danny Rand dira (S02E05): « [cette énergie n’est] pas une partie de moi… C’est moi. […] Je n’ai pas à y penser, elle est là et j’ai une sensation de clarté, d’élan, de grâce, une sensation qui me traverse. Quand j’ai cette énergie, je sens quelque chose. C’est le dragon, Shou-Lao. iron fist0001Je sens ses yeux sur moi, son feu qui brûle en moi et je l’accueille. Toute sa colère, sa puissance et sa rage. Quand le dragon est vraiment avec moi, c’est bon. J’ai l’impression de pouvoir briser le monde. » Ce à quoi son frère de cœur, ancien toxicomane lui répondra : « J’ai assisté à plein de réunions des NA (groupe de soutien pour les toxicomanes), AA (les alcooliques anonymes), des tas de A… à entendre les gens parler des cachets, d’alcool, de sexe, de colère. Mais quand je t’écoute à l’instant, je me suis identifié. J’ai vu ce même dragon. » Lui l’a vu à travers la drogue. Et ce n’est pas sans rappeler la recherche de nombreux utilisateurs de drogues, dans un but de détente (les dépresseurs : Alcool, Barbituriques, Codéine…), de stimulations (Amphétamines, Caféines, cocaïne, nicotine…) ou d’expériences (les perturbateurs : Cannabis, LSD, Mescaline…). C’est 3 types de substances rapprochent d’un état où on lâche prise, on se laisse aller. Dans la méditation, le maître mot est le lâcher-prise pour se connecter à quelque chose d’autre que son psychisme, cette radio qui parle sans fin. Ce que les consommateurs de drogues tentent de fuir grâce à l’utilisation de substances permettant cela. Mais cet état est-il une finalité en soi ? Non, ce n’est que le début du voyage. Malheureusement pour les accros à la drogue, ils ne pourront jamais le terminer dans cette vie, car les lésions et la dépendance auront souvent raison d’eux. Mais pour les méditants, il en est tout autre. Comprenant de plus en plus leur énergie vitale (chi), ils dépasseront leur barrière psychique, héritée de leur conditionnement familial et culturel et parviendront à se connecter de plus en plus au grand Tout. « Connais-toi toi-même » était inscrit sur le temple de Delphes :connais1.jpg« Et tu connaîtras l’univers et les dieux » rajoutera Socrate. Cette connaissance de soi est la condition sinequanone pour cette unification à l’univers.

Le bonheur ultime se cache dans cette connexion profonde au Tout. Une fois les barrières psychologiques abolies, le cœur se réunit au Tout avec une facilité de plus en plus déconcertante. On ressent une joie immense dans une totale abolition de ses limites sensorielles (pour aller plus loin, article ici). C’est comme si notre être s’expandait à l’infini. Comme le dira Mario Beauregard, p.204 [2]: « La goutte d’eau réalise qu’elle est l’océan. » Cette façon d’être est la nature originelle de notre Cœur, mais nous la bloquons à chaque instant à travers nos illusions (nos croyances erronées) et la bêtise (l’ignorance). Ces éclats d’union absolue sont vécus par bon nombre de méditants et certains expérienceurs mystiques. Pour reprendre les expériences de Yogananda : l’union avec le Grand Tout est éprouvée comme un bain dans une lumière infinie emplit d’amour (bande annonce du film biographique ici). Ce que les bouddhistes tibétains nomment la claire lumière[3];[4]. L’illusion des toxicomanes ou des pratiquants débutants est de croire qu’ils puisent dans la source de vie alors qu’elle est à travers toute chose, on ne peut alors pas puiser, mais l’expérimenter à chaque instant. C’est juste une connexion qu’il faut vivre à chaque seconde pour être pleinement. Le corps n’est que le récepteur de cette énergie, la Conscience se connecte au Tout. Un corps en bonne santé permet une meilleure connexion. L’utilisation de drogues est donc délétère pour la pratique.

Pour reprendre les termes d’Orson Randall [5] (un détenteur du chi de Shou-Lao) : « Le chi de Shou-Lao n’est pas une rivière qui coule en toi… C’est toi, la rivière qui coule en lui. Et lui… C’est un océan. Plonges fiston, tu peux plonger plus profondément que tu l’imagines. »

Je vous laisse à travers ces mots afin de vous maintenir dans cet état de grâce où tout est possible… car oui, tout est possible. Alors les yeux brillants, plongez dans le grand Tout !

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