ACT : La thérapie d’acceptation & d’engagement

Cette thérapie mise en place par Steven Hayes répond à la question essentielle : comment réussir ce que j’entreprends ?  Alors que la plupart des personnes réfléchissent sur ce qu’il pense être et ce qu’ils pensent pouvoir réussir par rapport à comment ils se définissent. L’ACT propose de se poser cette question autrement : qu’est-ce que je veux devenir ? Puis de changer sa façon d’agir et de penser en se questionnant : est-ce que cette action/pensée est utile par rapport à la démarche que j’entreprends ? Et ainsi suggère de cultiver des actions qui vont dans le sens de comment on veut voir émerger notre vie. Le nom de cette thérapie : ACT est là pour nous amener à l’action. Comme l’explique René Char : « Il n’y a que deux conduites dans la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit. ». Passons à l’accomplissement alors !

Prenons un exemple : une personne qui souhaite être heureuse. Ce simple souhait démontre par lui-même qu’il n’est pas réalisé. Pourquoi ? Car la personne s’autocritique pensant que le bonheur est quelque chose que l’on mérite et pas que l’on vit. Pourtant, comme l’explique Lacan : « Agir, c’est arracher à l’angoisse sa certitude. » L’angoisse inhibe l’acte qui pourtant arrache à l’angoisse une certitude, celle qu’il existe une autre réalité ! Ainsi en agissant vers le bonheur, cette personne passera naturellement du « je veux être heureuse » à « je suis heureuse ! » C’est pour réaliser ce pas que la thérapie ACT demande à la personne de se poser cette question : est-ce que ces pensées sont utiles par rapport à ma démarche ? Est-ce qu’ils vont dans le sens de me rendre heureuse ? En modifiant ses actions et pensées, on se pose alors une 2e question : qu’est-ce que je pourrais faire ou penser pour cultiver/développer cette joie que je souhaite avoir ? Ainsi le but étant de cultiver des actions ou des pensées utiles par rapport à la démarche recherchée. À ce moment-là, la personne peut tout à fait se dire : « je vais m’acheter ou cultiver des fleurs pour me sentir heureuse. Ou encore, je vais passer un moment tranquille avec moi-même pour me sentir heureuse. » À ce moment-là, le travail est fait, la joie arrive. Et il suffit de cultiver ces moments pour développer ce que l’on souhaite. Dans cette thérapie, le but n’est pas de contempler notre pseudo-réalité que l’on se ressasse jour après jour et qui nous fait souffrir (pour en apprendre plus sur cette pseudo-réalité inventée par nos schémas du passé, je vous invite à lire cet article en cliquant sur les mots soulignés). Mais de mettre en place une dynamique pour cultiver ce que l’on veut.

Ne penser plus réalité, pensez utilité !

Le deuxième axe de cette thérapie est de permettre à chaque personne de se sortir de ses schémas limitants. Il faut bien comprendre que certains d’entre eux sont bien enracinés en nous. Pour ce faire, la thérapie ACT procède en 3 étapes :

  1. L’acceptation et le détachement avec son expérience négative.
  2. Le recadrage sur soi.
  3. Cultiver les choses que l’on veut voir fleurir dans sa vie.

Ces 3 étapes se découpent en 2 exercices chacun :

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Acte 1 : L’acceptation et la défusion

Ils ont pour but de permettre à la personne d’accepter ses émotions négatives et de se détacher progressivement de leur action néfaste (défusion). Par exemple, une personne traumatisée suite à un accident de voiture ne souhaitera plus retourner dans une voiture. Cependant pour aller au travail, il doit prendre sa voiture. Ainsi, chaque matin et chaque soir, il conduit tout en étant envahi par des frayeurs successives qui lui gâchent la vie. La plupart du temps, les personnes soumises à ce type de frayeur vont tout faire pour éviter d’y penser. En mettant de la musique à un fort volume, ou en pensant à autre chose qu’à la conduite. Malheureusement, il suffit d’un coup de klaxon, d’un gros camion pour ramener l’attention au présent et faire revenir cette peur. La première étape pour avancer est d’accepter cette sensation. C’est-à-dire faire face à la situation tout en sentant son ventre qui se noue ou sa gorge et peut-être sentir une vague d’angoisse nous submerger. En y faisant face, d’abord en visualisation, on commence à avancer avec cette sensation, on l’accepte. On ne l’alimente pas pour autant, on ressent les sensations. Passe ensuite l’étape de la défusion, cette sensation angoissante peut intervenir plusieurs fois au cours de notre journée, on ressent alors sa montée, puis sa descente (comme toute chose, l’émotion est aussi soumise à la règle immémoriale de l’impermanence).  Cet apprentissage que toute chose à une fin permet de s’en détacher progressivement et ainsi de ne plus générer autant d’angoisse qu’auparavant. La variété des contextes dans laquelle cette sensation intervient peut même rendre l’expérience burlesque et nous amener à un détachement encore supérieur grâce à l’humour.

Puis progressivement, on peut amorcer :

L’acte 2 : Le recadrage sur soi :

L’utilisation du moment présent pour se recentrer est capitale dans bon nombre de thérapie à présent. Grâce à la méditation, l’instant présent est devenu un adage populaire et une valeur que bon nombre de personnes développent au quotidien. Le deuxième exercice : le soi observateur est centré sur la capacité à observer une situation qui nous arrive sans se comporter dans son sens. Prenons l’exemple de cette personne traumatisée de la route : il peut ressentir son émotion sans pour autant entraîner une suite d’action de repli sur soi et d’anxiété généralisée. En ne ressentant que les sensations sans entraîner les conséquences, on cesse d’alimenter ce schéma et enfin on commence à se comporter et à se sortir de cette situation problématique. On peut aussi par exemple, observer son patron nous faire une remontrance brutale sans pour autant incarner le mode enfant vulnérable qui se replie sur lui. Et ainsi, réagir en tant qu’adulte à un tiers qui se comporte comme s’il était notre parent punitif.

Acte 3 : Cultiver les choses que l’on veut voir fleurir dans sa vie !

Cette étape s’axe sur les valeurs que l’on veut voir naître dans sa vie. Si la personne de l’exemple veut pouvoir conduire sereinement, il est important qu’elle entraîne des démarches pour retrouver sa sérénité au volant. Ainsi en cultivant des pensées positives (valeurs) et une conduite agréable au sein d’environnement non anxiogène de prime abord (action engagée). Puis dans des environnements multiples, elle généralisera l’expérience positive à toutes les autres situations, lui permettant de retrouver sa confiance en elle au sein de sa conduite.

Vous pouvez constater la facilité de compréhension de cette thérapie et de mise en application dans sa vie quotidienne. Le maître mot de cette thérapie est : la flexibilité ! Retrouver une flexibilité totale dans sa vie, afin de sortir de ses schémas limitants qui rigidifient nos pensées et nos comportements et enfin se permettre de réaliser nos rêves.

Si vous souhaitez vous tester pour voir quel travail vous devez réaliser pour accroître votre flexibilité, je vous invite à répondre aux questions posées sur ce schéma : (en répondant à chaque étape clés (acceptation, défusion…) sur un barème de 1 à 10. 1 étant l’expérience minimale de cette compétence et 10, l’expérience maximale.) À vous de jouer !

Et n’oubliez pas : « C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. » Henri Bergson.

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Pour aller plus loin, je vous invite à :

Voir cette vidéo :

 

Lire l’ouvrage : la thérapie d’acceptation et d’engagement. ACT. De Jean-Louis Monestès & Matthieu Villatte. Aux éditions : Elsevier Masson.

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