L’hypnose & la méditation dans les traitements cognitifs

L’article suivant à vocation d’expliquer ma manière de fonctionner :

Aide à la personne grâce à la combinaison de plusieurs outils qui ont fait leurs preuves : les thérapies cognitivo-comportementales, l’hypnose et la méditation.

Comment maximiser le pouvoir de l’effet placebo ? Celui-ci est issu du concept de suggestion. Plus on se répète quelque chose, plus notre corps met en action cette dynamique (Kirsch & Low, 2013). Comme l’expliquent Irving Kirsch & Carol Low (2013), en hypnose, le principe de suggestion est le moyen de guider le patient jusqu’au but recherché. La seule difficulté est de contrôler son attention. Faute de cela, le pouvoir de la suggestion disparaît, car le patient n’est plus attentif à ce que l’on dit et donc ne va plus dans le sens souhaité (Crawford, 1994). Ainsi en développant le pouvoir attentionnel de la personne et en travaillant les suggestions positives pour que la personne réussisse, il est tout à fait possible de maximiser son potentiel de guérisons. Comme la méditation accroît la capacité attentionnelle et diminue les pensées négatives (Ngô, 2013), on peut conclure qu’en l’associant à des pratiques d’hypnose la personne pourrait rester concentrée tout le long de la séance et ainsi éprouver tous les bienfaits. Comme le montre une étude de 2017, 46 % des effets de l’hypnose sont maintenu dans le temps et les bénéfices s’améliorent lorsque les suggestions sont prononcées par un hypnotiseur plutôt qu’en autohypnose (Chen, Liu, & Chen, 2017). On peut aussi souligner que les thérapies cognitives et comportementales (TCC) augmentent de 70 % en efficacité quand elles sont agrémentées par l’hypnose (Kirsch, Montgomery, & Sapirstein, 1995). Par conséquent, je propose aux patients une TCC enrichie de pratique de méditation qui amplifie leur bien-être et diminue leur symptôme négatif tout en décuplant leur attention (Ngô, 2013). L’hypnose et ses suggestions vient ensuite maximiser les effets bénéfiques de la thérapie (Kirsch & Low, 2013).

En conclusion, la prise en charge des patients se déroule en plusieurs étapes (Vianin, 2012) :

  1. Analyse fonctionnelle: afin de noter les malaises du patient et lui proposer des thérapies possibles.
  2. Traitement : Mise en place de techniques de concentration basées sur la méditation et séance d’hypnose afin de faciliter l’acquisition de nouvelles compétences. À l’image des bienfaits des thérapies en réalité virtuelle (Klinger, 2006), l’hypnose favorise l’imagination pour s’immerger dans un milieu (Landry, Lifshitz, & Raz, 2017), mettant en scène les difficultés du patient. Ainsi grâce à des suggestions relaxantes, l’hypnotiseur fait traverser les épreuves négatives du patient en douceur (Schnur, Kafer, & Montgomery, 2008). Fier de cette expérience positive, le patient pourra plus facilement effectuer ses exercices à domicile (Vianin, 2012).
  3. Suivi du patient : ré-immersion dans les situations difficiles afin de le guider et réenregistrer les nouveaux apprentissages grâce à la répétition.
  4. Évaluation après la thérapie, afin d’observer le maintien des nouvelles acquisitions et de prévenir les éventuelles soucis.

Bibliographies :

Chen, P.-Y., Liu, Y.-M., & Chen, M.-L. (2017). The Effect of Hypnosis on Anxiety in Patients With Cancer: A Meta-Analysis. Worldviews on Evidence-Based Nursing, 14(3), 223–236. https://doi.org/10.1111/wvn.12215

Crawford, H. J. (1994). Brain dynamics and hypnosis: Attentional and disattentional processes. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 42(3), 204–232. https://doi.org/10.1080/00207149408409352

Kirsch, I., & Low, C. B. (2013). Suggestion in the Treatment of Depression. American Journal of Clinical Hypnosis, 55(3), 221–229. https://doi.org/10.1080/00029157.2012.738613

Kirsch, I., Montgomery, G., & Sapirstein, G. (1995). Hypnosis as an adjunct to cognitive-bahavioral psychotherapy. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 63(2), 214–220. https://doi.org/10.1037/0022-006X.63.2.214

Klinger, E. (2006). Apports de la réalité virtuelle à la prise en charge de troubles cognitifs et comportementaux. Instrumentation, 228. Retrieved from http://hal.archives-ouvertes.fr/tel-00161903/

Landry, M., Lifshitz, M., & Raz, A. (2017). Brain correlates of hypnosis: A systematic review and meta-analytic exploration. Neuroscience and Biobehavioral Reviews. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2017.02.020

Ngô, T.-L. (2013). Revue des effets de la méditation de pleine conscience sur la santé mentale et physique et sur ses mécanismes d’action. Santé Mentale Au Québec, 38(2), 19. https://doi.org/10.7202/1023988ar

Schnur, J. B., Kafer, I., & Montgomery, C. M. and G. H. (2008). Hypnosis to manage distress related to medical procedures: A meta-analysis. Contemporary Hypnosis, 25(3–4), 114–128. https://doi.org/10.1002/ch

Vianin, P. (2012). Des outils de thérapie cognitivo-comportementale pour la remédiation cognitive. Journal de Therapie Comportementale et Cognitive, 22(3), 97–103. https://doi.org/10.1016/j.jtcc.2012.06.004

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